Jeudi 23 mai: Cadix / Barbate 35 milles



Jean Michel et moi sommes arrivés le mardi via Séville. Stand by le mercredi pour faire faire la vidange du moteur et de l'inverseur et préparer le bateau. Nous sommes partis à 13H, j'ai attendu jusqu'à midi la livraison d'une courroie de pompe à eau, pour en avoir une d'avance à bord, mais la vendeuse m'a indiqué qu'elle ne serait livrée que vers 17H, tant pis on part. Grand beau temps, légère brise, houle de 0,80 m, au travers sous grand voile et génois avec appui moteur de temps en temps pour maintenir une moyenne de 5 noeuds. Cette fois je dépasse Sancti Pietri, c'est à cette hauteur que nous avions fait demi tour avec Laurent, et nous arrivons sans encombre à Barbate vers 20h00. Jean Michel 20130524_134519.jpg Vendredi 24 mai: Barbate / Portogrande 42 milles

C'est le grand jour, je vais enfin passer Gibraltar. Réveil 8h00 pour un départ à 10h00. J'ai prévu d'être à 15h00 à Tarifa, à 20 milles, à l'étal de haute mer afin de bénéficier des courants portant vers l'Est. C'est surprenant mais c'est ainsi, les courants portent vers l'Atlantique à marée montante et vers la Méditerranée à marée descendante. Le bulletin météo prévoit du 3 à 4 d'Ouest, houle de 0,80 mètre, fastoche!. Jusqu'à Tarifa nous avons fait route au travers avec appui moteur pour voguer à 6 noeuds afin d'être certain d'arriver à l'heure. Nous avons rattrapé le couple de Belge rencontré la veille, sur un Bavaria 30, ils étaient partis une heure et demi avant nous. Un couple de jeunes retraités adorables. Ils sont partis de Belgique début avril, leur objectif est Gruissan où ils ont obtenu une place de port. Tarifa passé, nous sommes vent arrière, le vent est monté un peu et le courant portait à pluas d'un noeud, nous avons enfin pu coupé le moteur. Nous avons vu les Belges affalé leur spi assymétrique et reprendre leur route avec seulement le génois enroulé au 2/3. Leur démarche m'a surpris, j'ai compris une demi heure plus tard qu'ils étaient mieux informés que moi. Ils m'ont expliqués après qu'on leur avait dit que même si Tarifa était calme il était possible que le vent monte au niveau de Gibraltar. Il est effectivement monté jusqu'à 25/30 noeuds. Nous avons commencé grand largue pour faire porter le génois, puis vent arrière en ciseau, mais avec la houle le génois se déventait régulièrement et claquait fort lorsqu'il reprenait le vent, je l'ai enroulé. Je n'ai pas pris le risque de tangoner le génois, nous avons continué sous GV haute seule. 6 noeuds surface, 9 noeuds fond c'était déjà pas mal. Nous avions prévu de faire escale au port de Gibraltar, mais nous avons vu que les Belges voulait contourner le rocher. Nous les avons suivi. Le rocher passé nous avons obliqué Nord Nord Est, a l'abri du caillou nous étions tranquille au travers, mais dès que nous l'avons dépassé le vent est passé Nord Nord Ouest à une vingtaine de noeuds. Nous avions compris qu'ils avaient choisi d'aller jusqu'à Sotogrande, à 11 milles de là. J'ai eu la fainéantise de sortir le solent et de prendre un ris. Nous avons enroulé le génois au 2/3 laissé la GV haute, j'ai bataillé à la barre, nous avons fait quelques départs au lof dans les rafales mais nous marchions quand même à 6 noeuds en moyenne. A 19H le bateau était amarré, à 19h30 nous prenions l'apéro sur le bateau des Belges et trinquions à notre passage de ce sacré détroit.

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Gibraltar passé cap sur les Baléares en longeant la côte, jusqu'au Cabo de la Nao. Samedi 25 mai de Fuengirola, Dimanche, mouillage à Velez Malaga, Lundi au port de Roqueta de Mar, mardi au port De Garrucha. Mercredi mouillage dans la Caleta de Estacio (Cabo de Palos), une zone d'attente pour accéder à la Mar Menor, une mer fermée. La cartographie indiquait une grande zone de mouillage sans obstacle, en fait il y a un immense labyrinthe de tôles d'acier. Nous avons mouillé dans la zone qui était la mieux abritée, bien calme, mais comme je le craignais nous avons eu droit à un réveil prématuré à cause du ressac.

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Jeudi 30, port d'Alicante où Jean Michel est resté en escale pendant que je suis rentré sur Paris pour le week-end. Depuis Sotogrande nous avons chaque jour navigué tour à tour sous voiles, voiles avec appuis moteur, voire moteur seul, avec des conditions faciles sauf le lundi 27 mai.; après 5h de route sous voile et moteur le vent s'est levé progressivement. Grand largue, puis vent arrière ciseau génois tangoné. Vers 18H le vent soufflait à 25nds, rafales à 30, la mer commençait à se former sérieusement, il restait une Quinzaine de mille pour atteindre l'objectif que je m'étais fixé, San José après le Golfe d'Almeria, mais ne sachant si les conditions allaient empirées nous avons été nous réfugié au port de Roqueta de Mar, au travers 2 ris dans la GV le génois enroulé au 2/3, 2H de rodéo, jusqu'à 37 noeuds à l'anémo, 2 beaux départs au lofe. OLE! (commentaire de Jean Michel sur le livre de bord).

Lundi 03 juin, j'arrive au port à 13h, à 13h45 nous larguons les amarres et à 19h30 nous mouillons à Calpe à l'entrée du port. Calpe est à 13 milles du Cabo de la Nao, le cap le plus proche des Baléares.

Mardi 04 juin en route pour Ibiza (53 milles). Départ à 7h15, au moteur jusqu'à 12h30 puis 6H de belle navigation sous voiles au prés pour arriver à 18h15 au mouillage de la Cala Badella, sur la côte Sud Ouest d'Ibiza. Sur le livre de bord, au point de 15h je précise "le bateau se barre tout seul, je le laisse prendre du cap". Le bonheur! Bonheur aussi que ce magnifique mouillage sur coffre où nous avons passé une très belle soirée au restaurant sur la plage.



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Le lendemain, en route pour l'île de Formentera, mouillage tranquille le midi sous l'Ile d'Espalmador, puis mouillage la nuit en face de la playa de Migjorn, bien abrités du vent mais pas du ressac, nuit pourrie... Jeudi on file à Ibiza, un tour dans le port vers 13h, la vieille ville est jolie, la marina avec les gros yacht, le bar discothèque sur le quai... sont too much. Direction Santa Eulalia, station balnéaire sans intérêt mais la côte autour est magnifique. 53,95€ la nuit, le record à ce jour... Vendredi, direction Mayorque, mouillage à l'entrée du port de Port Adriano, sur la côte sud Ouest, en face du célèbre Maltes Falcon.

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Samedi nous passons au large de la baie de Mallorca pour aller vers l'archipel de Cabrera. Matinée un peu pénible, bord de près avec un peu de houle, temps gris, bruine, puis cela s'est dégagé et nous sommes arrivés en début d'après midi sur le joyau. Fantastique après midi de rase cailloux sous voile pour faire le tour de l'archipel dans le sens horaire jusqu'au mouillage paradisiaque du Puerto de Cabrera. Nous n'avions pas réservé, il y avait plein de bouées libres, personne ne nous a rien demandé, le rêve.

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Le lendemain nous sommes reparti pour le Cabo Pera au nord Est de l'île de Mayorque. Une belle journée vent arrière sous spi. Spi que j'ai trop tardé à affaler, vers 13h30 à la hauteur de Porto Colom, nous avons fait une splendide aulofée. Depuis une bonne demi heure le bateau roulait de plus en plus, le bas du spi avait déjà par deux fois toucher l'eau, mais j'arrivais à tenir le bateau, jusque là... Bref , le bateau couché j'ai choqué en vitesse l'écoute et le bras mais le spi prenait encore le vent. Le tangon s'est arraché du mat pour suivre le spi (le support fixé au mat s'est brisé en 4 morceaux). j'ai choqué 2 mètres de drisse, maintenu le bateau au bon plein/ petit largue GV choqué et ai été récupéré le tangon avec le hale bas. Le spi était maintenant parfaitement parallèle à la mer à peu près à la hauteur du mat. J'ai lofé, choqué encore la drisse, le spi s'est rapproché du bateau et est tombé à l'eau. Je l'ai récupéré et nous avons repris notre route. J'ai appris beaucoup de chose dans cet incident. Tout d'abord, après lecture du manuel des Glénans le soir, il y a un sacré bout de temps que j'aurais du affalé, sous 15 à 20 noeuds de vent dans un mètre de houle ce n'est semble t'il plus raisonnable et les dégâts et conséquences auraient pu être bien plus grave. Deuxième leçon, j'ai dépensé beaucoup d'énergie à barrer le bateau avant l'incident et perdu une bonne demi heure à récupérer le spi et remettre le bateau en ordre, si j'avais affalé plus tôt je n'aurais pas été beaucoup moins vite sous génois en tirant des bords de grand largue et serais arrivé plus tôt sans effort au mouillage le soir. Pas grave, c'était une première très formatrice!

Feu_la_cloche_de_tangon.JPG Feu la cloche de tangon

Le soir joli mouillage dans la Cala Molto.

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Lundi en route vers Ciutadella sur l'île de Minorque. 5H de navigation sous voiles et moteur faute de vent suffisant. A 14h15 nous nous sommes amarrés dans ce port que j'aime tant.

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Mardi, à 10h15 nous larguons les amarres pour faire route vers Barcelone. 22h30 pour 110 milles de navigation sans grand intérêt, voiles et moteur en permanence faute de vent... Entré dans le port de Barcelone avec mon bateau, cette fois, a tout de même été un grand bonheur. Arrivés mercredi à 8h50, nous avons fait des ronds dans l'eau juste en face de la statue de Christophe Colomb en attendant la rotation de la passerelle piétons obstruant l'accès aux ports privés. Nous nous sommes amarrés à 9h15 au Real Club Matitimo, là où le Dehler 39 de Pierre est stationné à l'année.

Cadix/ Barcelone, 790 milles avec mon pote Bob, encore une super tranche de vie!

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